Notes sur SAUZET

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Site officiel de la commune de   Sauzet ici   et   Sauzet au fil des saisons

Cahier N°3 visite du vieux village de Sauzet

Cahier N°3 le vieux village - ou encore (ici)


photos sur Sauzet (ici) vidéo (ici) ou ci-dessous




Autre vidéo de l'agglo

Sauzet c'est 1900 ha de forêts  et ICI, de collines et d'une plaine, zone agricole importante ( +1000 ha) avec une rivière le Roubion (pont fin XIXe ) séparant le bourg et la plaine. Plus de 2000 habitants en 2010 (800h en 1800).

   Village perché, appelé aussi "bourg castral", où l'habitat en hauteur est regroupé autour du château, est très répandu dans la région. Mais pourquoi se percher ainsi ? Alors qu'à l'époque romaine antique, l'habitat rural était éparpillé dans la campagne avec au moins une grande "villa" sur une même commune.

C'est au XIe et XIIe siècles que l'habitat se regroupe et se perche. Pendant longtemps on a cru que cela répondait à la nécessité de se défendre contre les invasions. Mais l'histoire montre que ces mottes castrales et châteaux fortifiés étaient à chaque guerre féodale, pris, voire détruits, et ne pouvaient donc résister aux invasions ou sièges d'importance. Les murailles et enceintes des villages pouvaient au mieux constituer un cordon sanitaire contre les épidémies ou une protection parfois contre les brigands, routiers en rupture de ban, et autres compagnies vivant de rapines.

En fait, les seigneurs locaux auraient cherché à rassembler la population rurale, pour prélever leur part de l'amélioration de la productivité agricole avec la mise en culture de nouvelles terres, et établir certains monopoles : le four (banal), le moulin ... et autres servitudes en échange de leur protection. Cependant, des maisons fortes ont pu s'installer dans la plaine à partir du XIVe siècle.

Maison forte de Saint-Genis à Sauzet       Maison Forte du Baltra à Sauzet

On peut citer parmi celles-ci : Font Julianne avec tour circulaire du XIVe, le Baltra à tour d'angle circulaire, Le Pavon remanié au XXe siècle et Le Monard remanié au XIXe siècle. En 1790 Sauzet du district de Montélimar était un canton important de 11 municipalités : Ancône, Bonlieu, Condillac, Lachamp, la Laupie, Montboucher, Puygiron, Saint-Genis, Saint-Marcel-de-Sauzet, Sauzet et Savasse. En 1885 Sauzet (1308 h) devient une commune du canton de Marsanne (1515 h). Source CTHS  cliquez ici).

La place du bourg : au premier plan, à côté de la fontaine, l'arbre de la liberté (peuplier d'Italie) symbolisant la révolution française de 1789 ; à gauche, une porte fortifiée vestige de l'enceinte médiévale.

Photo de Mémoire de la Drôme : http://www.memoire-drome.com

Origines de Sauzet

Des fouilles, près de la Poste, ont mis à jour une nécropole ou funéraire (sous tuiles) gallo-romaine, ainsi que des fondations d'une "villa" (avec vestiges de citerne, céramique, mosaïque, dolium, amphore …) au niveau de la déviation, preuves de la présence, au IVe et Ve siècle, d'une population organisée. Des voies antiques passent par Sauzet pour rejoindre la voie d'Agrippa.

Le village ancien est signalé en 1187 (1) sous les noms de Sauze, Sauzei et Sauciacum provenant de salix, saules qui poussaient abondamment aux alentours. Vient ensuite la mention d'un château "Castrum de Sauceto" en 1291 (2). Cependant, 985 (3) a pu être retenu comme date de fondation de Sauzet. Elle correspond à une donation des comtes de Valentinois (Lambert) à des moines de Saint-Marcel chargés de reconstruire l'église et d'y créer un monastère (ordre de St-Benoit de Cluny). En 1037 (4), ceux-ci acquièrent Sauzet. Quant à la seigneurie, qui comprenait les deux communautés (encore aujourd'hui associées), elle était à l'origine un fief des Adhémar, puis est passée dans la mouvance des Poitiers. A la mort du dernier comte Poitiers-Valentinois (louis II), en 1419, Sauzet intégra la province domaniale du Dauphiné.

[1,2] J. Brun-Durand, Dictionnaire topographique du département de la drôme, Impr. nationale (Paris), 1891, P.368

[3,4] J.-M. Bally, Les villages royaux du Dauphiné, Bibliothèque de Sauzet, 1996, P. 33.

Plan et visite du vieux village et alentours

plan cliquezLes deux enceintes fortifiées du village médiéval : l'une, intérieure haute (castrale) qui enserre l'ensemble seigneurial comprenant le château, l'église et des maisons qui ont été détruites pour la plupart, donnant ainsi l'actuelle place de l'église ; l'autre, extérieure ou urbaine, en grande partie conservée avec ses trois tours-portes et deux tours circulaires.

L'histoire du village est liée notamment aux comtes du Valentinois qui règnent sur la région, du XIe jusqu'au XVe siècle. Ils accordent, en 1338, une charte de libertés municipales aux habitants de Sauzet. Le dernier comte, Louis II de Poitiers-Valentinois (1374-1419) qui a résidé au château, lègue ses États au futur roi Charles VII (1403-1461). C'est avec le Dauphin, son fils devenu Louis XI (1423-1483) ici vidéo, que Sauzet retrouve une certaine prospérité. Il ordonne en 1477 des travaux d’embellissement du château, une de ses résidences, qui sert pour ses déplacements (contrôle du domaine royal) ou pour ses loisirs, en particulier la chasse ; il a souhaité, à sa mort, être enterré avec son costume de chasse et son mémorable chapeau de feutre. De plus, il aurait, à Sauzet, promu un service régulier de poste à relais ; suivi de la création d'une charge de contrôleur des "chevaucheurs" en 1479. On lui prête cette citation : "Qui ne sait dissimuler ne sait pas régner". Au siècle suivant, Sauzet, comme l'ensemble du Dauphiné, subit les guerres de religion qui opposent catholiques et protestants (fort nombreux dans la région). Au XVIIe siècle, le village se développe "hors les murs". Voir dossier de "Vivre à Sauzet" sur le temple et les protestants et autre page  cliquez ici.

Portail Blancc

C'est une des entréesdu village fortifié. De type tour-porte quadrangulaire, pièce maîtresse de l'enceinte urbaine, elle se caractérise par deux arcs en plein cintre à longs claveaux et un assommoir précédant les vantaux que l’on fermait avec une barre coulissante. La petite fenêtre du corps de garde a remplacé l'échauguette. Par cette porte, on accède à la Grande Rue et à des ruelles (cala) conduisant en haut du village. Elle ouvrait sur le faubourg marchand et le grand chemin de Marsanne et de Crest.

Chemin de Ronde

L'enceinte urbaine était au départ une haute muraille avec des tours. Les deux tours circulaires sont distantes d'une portée de tir d'arbalète. Au sommet, on avait des ouvertures de tir médiévales (créneaux) entre les parties pleine (merlons) du parapet du chemin de ronde, ainsi que les fentes de meurtrières percées dans la maçonnerie. Cette muraille constitue aujourd'hui la façade extérieure de maisons où les toitures s'appuyent sur les merlons ; et les créneaux servent de fenêtres ou lucarnes en æil-de-boeuf. Au rez-de-chaussée, on a de larges portes en plein cintre et, à l'étage, une belle fenêtre à meneaux, non loin de la première tour.

Entre les deux tours on voit, par endroits, des traces d'impacts et d'éclats de tirs d'armes de la seconde guerre mondiale. Enfin, cette enceinte était appelée par les habitants le «vingtain», redevance en nature affectée à l’entretien de ces murailles.

Place du Portail La Croix

Cette porte est détruite au XIXe siècle ; elle donnait accès au village par la Grande Rue et ouvrait sur la place qui a été agrandie en 1939 par la suppression d’une partie des murailles et maisons adossées sur celles-ci. La rupture de l'enceinte, à cet endroit, permet de distinguer le chemin de ronde et le parapet sur lequel s'appuyent les toitures (voir photo ou dessin sur panonceau près des pins parasols). La place publique était un centre très important de la vie sociale.

Bel exemple de restauration

En prenant la rampe qui traverse toute la place, on passe devant une belle maison restaurée, à l'angle de la rue de la Place.

Rue Couvertet

 En descendant par cette rue qui est la dernière de ce type au village, on a une couverture en bois et, dans la trouée servant de puits de lumière, en hauteur sur la droite, une jolie petite fenêtre trilobée. De telles rues sont fréquentes dans les villages provençaux. "C'étaient là les couverts, abris précieux pour polissonner les jours de pluie" disait le poète provençal Paul Arène. Elles permettaient notamment d'augmenter la surface habitable.

Maison Fontjuliane ▲ rue de la Place

En sortant de la rue, on monte à droite, le bel escalier de la cala Portalac, jusqu'à la rue de la Bistourne. On aperçoit, à droite, la maison Fontjuliane, rue de la Place, avec son portail du XVIe siècle ; et en hauteur, une logette à mâchicoulis ou bretèche supportée par trois corbeaux qui signale la noblesse du propriétaire. Cette maison jouxte le château. Elle appartenait à la famille noble des Marsanne de Fontjuliane, branche issue des Marsanne de Saint-Genis (ici cadastre du XVIIe siècle voir ici ou sur géoportail avec le glossaire Cassini) Cette famille possédait également une maison forte et un important domaine dans la plaine au sud du Roubion. Le dernier représentant de cette famille prit le titre de comte, fut député du tiers état en 1789, puis émigra et cette maison fut vendue comme bien national. En remontant, on retrouve la rue Bistourne qui longe l'enceinte haute.

Rue Bistourne

Le mot signifie : qui tourne deux fois. Sur la droite, on a la rue des Fauries : rue des forgerons. Ils avaient le droit de s’installer à l’intérieur des murs. Ce métier, comme d'autres (exemple le verrier), était qualifié de noble. En poursuivant la Bistourne, on voit sur la droite, une porte appelée Posterle.

Posterle, entrée du château

  C'est la seule porte de l'enceinte haute conservée. Elle fait partie actuellement d'une habitation. Réservée au château, son nom Posterle vient de "poterne" (petite porte, ce qui n'est pas le cas). Un peu plus loin, l’appareil de l’enceinte haute est différent : pierres taillées, soigneusement ajustées (réalisé probablement antérieurement au XIe). Enfin, sur la gauche, face à la "trouée" (XIXe) qui débouche sur la place de l’église, se trouvait la maison commune. La commune était administrée par le châtelain, 2 consuls, 6 conseillers et 1 secrétaire. Cette maison était aussi l’école des garçons jusqu’à la construction des nouvelles écoles en 1886.

Après avoir passé la "trouée", à droite, on longe un des hauts murs de la salle d'apparat de l'ensemble seigneurial. Il a été l'objet de pillages et de destructions notamment en 1210 avec Simon IV de Montfort (croisade contre les Albigeois) ; fin du XIVe, par Raymond de Turenne (1389) et, au XVIe, pendant les guerres de Religion, avec Bertrand de Gordes (lieutenant général en Dauphiné). Le Château fut démantelé en 1629 sous Richelieu par le maréchal de Créquy (1578-1638). Enfin, complétement ruiné en 1643, il fut vendu comme bien national à la Révolution, alors qu'il appartenait à la famille Grimaldi de Monaco (dépositaire du titre de duc de Valentinois).

Au XVe siècle, cette demeure était digne d'un prince, les vestiges architecturaux du logis seigneurial et de la grande salle d'apparat (24x12m) en témoignent encore aujourd'hui. Elle avait deux niveaux avec de belles ouvertures ogivales, géminées et trilobées, des fresques et une cheminée monumentale.

Place de l'église

La "trouée" dans l'enceinte haute ou castrale et la destruction des maisons moyenâgeuses a permis d'aménager,  en 1971, la place de l'église. Un très beau point de vue vers l’est, sur la plaine et les Préalpes, à l'ouest on peut voir des collines boisées et forêts accessibles notamment par le chemin de Micolline qui longe le parc "E. Bertrand". Au nord on voit la villa Honoré Sestier lien vers PDF ici et un panneau ici d'exposition sur l'Art Nouveau (pdf). Autre exemple dans la Drôme : la Villa Gayet. Pour en savoir + sur l'Art nouveau liens vidéo

On voit aussi le Temple du bourg, pour en savoir plus sur le Temple et les Protestants  Voir dossier  et  cliquez ici

L’église romane, sous le vocable Saint Lambert (début du XIIe) est d'abord chapelle seigneuriale. Puis, église paroissiale qui fut restaurée après les guerres de Religion avec un nouveau clocher édifié en 1617 (5). Côté sud, la chapelle des Pénitents contruite en 1762 (date gravée à l'entrée sur la clé de voûte en pointe de diamant) vient s'ajouter. Elle est réservée à cette confrérie qui fit ouvrir un grand arceau dans le mur de l’église, afin d'assister aux offices depuis leur chapelle. Cette église donne l'occasion à la chorale des Saules de Sauzet de se produire en association avec la chorale Delta

Très simple, cette église possède une nef unique avec une voûte en berceau se terminant par une moulure sobre, une abside avec une voûte en cul de four, et pour ouvertures, une baie axiale au-dessus du porche et un lucarnon ; seuls éléments de décor : deux morceaux de corniches sculptées dans le chœur ainsi que des vitraux (XXe) dont celui avec Saint Lambert et saint Hubert. Dans la chapelle, un grand tableau, la Vierge des Sept Douleurs (XVIIe), a été restauré en 2003. Enfin, le clocher reconstruit plusieurs fois, abrite aujourd'hui, deux cloches datant de 1807 et 1838.

[5] A. Vincent (Abbé), Notice historique sur Sauzet, Impr. de Marc Aurel, (Valence),1857, P. 33.

[5b] Vierge des Sept Douleurs (cf. wikipedia)

Le culte de la Mater Dolorosa apparaît officiellement en 1221, au Monastère de Schönau, en Allemagne. En 1239, dans le diocèse de Florence en Italie, l'Ordre des Servites de Marie (Ordo Servita), dont la spiritualité est très attachée à la Sainte Vierge, fixe la fête de Notre-Dame des douleurs au 15 septembre. Ce titre doit son nom aux sept Douleurs dites éprouvées par la Vierge Marie :

Porte Disparue, rue Sous la Courtine

En prenant à gauche les escaliers de la rue Sous la Courtine qui longent l'enceinte haute, on voit un reste d’arcade de l'ancienne porte donnant accès à l'église. C’était, en dehors de la Posterle rue de la place, la seule porte percée dans cette enceinte haute. En poursuivant à droite par la cala du Four, on débouche sur la Grande Rue où se trouve notamment la maison du Pavon et un atelier de sculpteur.

Maison du Pavon, Grande Rue

 Au XVIIe siècle, cette maison appartenait à une famille noble, les Marcel-du-Pavon, qui possédait aussi un domaine et une maison forte dans la plaine au sud du Roubion. La maison s’appuie sur les murailles extérieures et englobe une tour. Elle a conservé certains éléments d'époque : porte, oculus, bas du mur creusé pour les essieux. Au N°12 de la rue, on aperçoit (photo ci-contre) les restes de murs (épais de 2 m environ), d'une tour carrée située au niveau de l’enceinte castrale. En revenant dans cette rue, vers la maison du Pavon, on voit au N°9, deux jolies fenêtres et en face, une fenêtre à meneaux murée probablement suite à la taxe, instituée en 1798, sur les portes et fenêtres (ici, 4 ouvertures). En montant, à droite, la rue de l'église, on revient à la grande place.

Petit oratoire, vue sur les collines les "Grands Abris"

Après avoir traversé la place de l'église (vers le Nord), on voit un petit oratoire à droite du portail ouvrant sur les collines «les Grands Abris». En descendant les escaliers, on peut observer, en bas à gauche, deux niches (photo ci-contre) dont l'une servait pour faire la lessive, comme en témoignent les deux rainures permettant de glisser une planche de bois et un trou pour l’écoulement de l’eau. A proximité, on a les restes de murs d'une ancienne prison et du four banal à l'angle de la "cala du Four".

Courtine, tour carrée, rue Bistourne et Colombier

A gauche, dans la rue Bistourne, en longeant la courtine on a une haute tour carrée. Après la "trouée" qui mène à l'église, en prenant à droite la rue du Colombier avec sa "volée d’escaliers", après le passage sous une arche, on peut voir une belle maison restaurée.

Rue Fangeuse

A la bifurcation, en prenant à gauche, on débouche dans la rue Fangeuse, vieille rue encore pavée en galets du Roubion. Elle doit son nom au fait qu’on y rouissait le chanvre. En pousuivant cette rue - à gauche - on arrive à la Cala du four.

Le Portalac

Cette porte ouvre sur le chemin de Ronde face à une fontaine. Autrefois, il y avait un hôpital et, en contre-bas, un cimetière. Cette porte, contrairement aux deux autres de l'enceinte urbaine, présente un arc brisé en ogive. En se rendant à la porte Lafont, par le chemin de Ronde, on aperçoit quelques archères.

Portail Lafont

    Le portail Lafont doit son nom à la fontaine en forme de coquille située à proximité. Il donne accès à l'ancien quartier juif du Moyen Âge, à la rue de la Juiverie et à la cala du portail Lafont. En reprenant le chemin de Ronde on revient au point de départ, près des boulangeries.


Les seigneurs et châtelains de Sauzet 

Les premiers seigneurs du Valentinois vers la fin du Xe siècle furent les Geilon (ou Geilin). C’est un membre de cette famille, Lambert, qui fonda en 985 le prieuré de Saint-Marcel, le confia à des religieux bénédictins de Cluny, et leur donna aussi Sauzet en 1037. Les premiers prieurs de Saint-Marcel furent donc aussi les premiers seigneurs connus de Sauzet, sous la dépendance des Comtes du Valentinois. Cette situation se perpétua d’ailleurs pendant toute la période de la féodalité.

Après les Geilon qui ont fait bénéficier de leurs droits, sur Sauzet, les prieurs de Saint-Marcel, Sauzet tomba sous la domination des Adhémar, seigneurs de Grignan, de la Garde et de Montélimar. L’un d’eux Giraudet Adhémar (1), y intervient en 1210. C’est sous leur mouvance que vers 1260, la famille des Artaud seigneurs d’Aix-en-Diois possède la terre de Sauzet. Des actes montrent ces Artaud, transigeant en 1262, avec Hugues et Giraud Adhémar au sujet de leur part de seigneurie, de la mouvance (cf. féodalité) des Adhémar.

    Giraud Adhémar, en 1280-1284, vend à l’évêque de Valence, pour 5000 sols viennois, un droit de suzeraineté sur Sauzet, Condillac, Lachamp, Les Tourettes, Divajeu et une partie de Montélimar. Sauzet passe en 1290 sous la haute autorité du pape Boniface VIII ainsi que quelques fiefs voisins. Tandis que la famille des Artaud d’Aix-en-Diois possédait la terre de Sauzet, les Poitiers qui venaient d’acquérir le comté de Marsanne cherchaient à étendre leur domination sur les pays environnants. Le 11 mars 1264, Aimar III de Poitiers en mariant sa fille avec Bertrand de Baux assigna la dot de la future épouse sur le château de Sauzet.

Les Poitiers au fil des années avaient réussi à devenir les seuls possesseurs de Sauzet et travaillèrent à augmenter le bien-être de leurs vassaux et de leurs sujets. Ceux-ci donnèrent, en 1338, une charte de libertés municipales aux habitants de Sauzet. Son château a été la résidence, en partie, du comte Aymar IV (2) et de Louis II (3) qui fit procéder à sa restauration, et donne la possibilité à Cécile de Beaufort sa première femme et à Guillemette de Gruyères sa seconde femme, de résider au château de Sauzet (4).

C'est en 1419 que la famille de Poitiers transféra au futur Dauphin, devenu Louis XI, fils de Charles VII les comtés du Diois et du Valentinois. Par la suite, Sauzet fut donné en viager aux d'Hostun en 1447 (5), puis vendu sous faculté de rachat aux Galéas de Saint-Séverin en 1521, aux Moreton de Chabrian  en 1537, aux d'Albert en 1573 et aux Armand de Forez en 1591. Puis le 12 juin 1656, le comté fut déclaré comme appartenant à Honoré II Grimadi de Monaco, en vertu des services qu’il venait de rendre à la couronne de France. Les consuls et habitants durent reconnaître au Prince la justice haute, moyenne et basse, ainsi que les droits et devoirs féodaux. Les Grimaldi de Monaco devaient conserver leur autorité jusqu’à la Révolution Française de 1789.


(1)
Pour partie, d'après le livre de Jean-Marie Bally, Les villages royaux du Dauphiné. Bibliothèque de Sauzet, 1996 , 170 p, p 33. (Voir aussi sources et notes en bas de page)

(2) On a un codicille de son testament, daté de l'année 1324 et signé à Sauzet, dans lequel il augmente la part d'hérédité de son fils Amédée - In Chevalier, Jules (1845-1922). Mémoires pour servir à l'histoire des comtés de Valentinois et de Diois. Tome Ier, Les anciens comtes de Die et de Valence, les comtes de Valentinois de la maison de Poitiers. 1897, Bibliothèque nationale de France. P. 296

(3) ibid., P. 411 : "Le comte avait alors sa résidence au château de Sauzet." ... "sa dette envers le juif Héliot n'était pas éteinte, car nous voyons, le 9 janvier 1399, sur les ordres formels du comte et de Pierre Chabert, receveur général de ses finances, les habitants de Crest prendre l'engagement de payer, dans l'année, à ce banquier de Valence, une somme de 400 florins d'or qu'ils déclarent devoir à leur seigneur, tant pour sa rançon que pour la dot de sa fille "...

(4 ) ibid., p. 419 - 420 : " Le 14 juin 1404, le comte Louis II, se trouvant au château de Sauzet, devait confier à l'évêque de Valence, son cousin, à qui il associa Pierre de l'Isle et Pierre Chabert, de traiter, en son nom, avec le roi, des conditions de la cession de ses Etats à la couronne. Au nombre des conditions (37 articles) de cette cession, on relève, que si le comte a un fils légitime, il pourra (lui ou les siens) recouvrer ses droits en rendant les 100 000 écus. De même, Cécile de Beaufort, femme du comte, aura après la mort de celui-ci une rente annuelle de 600 florins, avec Grâne ou Sauzet pour résidence, à son choix. Elle jouira, en outre, sa vie durant, des revenus de la terre de Rompon. Le roi se charge aussi de payer à la comtesse major ce qui pourrait lui être dû à raison de son douaire, car elle est à ce sujet en procès avec le comte devant le parlement. Il confirme, en 1417, le douaire assigné à sa femme Guillemette de Gruyères en contrat de mariage, reçu par Bertrand Rabot et Jean Robert, notaire du duc de Savoie, il lui donne, en outre, le château de Grâne pour sa résidence, y compris les revenus du lieu et ceux de Chabrillan ... Si Guillemette préfère habiter Sauzet, elle aura ce dernier château, avec ses revenus et ceux du comte à Montélimar. Elle pourra ainsi choisir l'une ou l'autre de ces résidences, mais cette faveur ne lui est accordée qu'à la condition de ne pas convoler à de secondes noces.

(5) Un acte de Louis II établi à Ensisheim en Allemagne, 3 octobre 1444, signifié par Lettres contenant don, pour une durée de dix ans, du château de Sauzet , en Valentinois, avec pouvoir d'y instituer tels officiers qu'il lui plaira, en faveur d'Antoine d'Hostun écuyer (*), pour le récompenser de ses services et le dédommager des fonctions de bailli des comtes de Valentinois et Diois qu'il voulait exercer. (Enregistrées 11 mars 1446). Antoine d'Hostun, seigneur de la Baume d'Hostun, avait déjà exercé les fonctions de bailli des Baronnies et de châtelain de Mérindol , de Saint-Jean-en-Royans , de Sainte-Euphémie et de Crest. En 1483, Jean d'Anjou fut nommé châtelain de Sauzet, après réduction de la châtellenie sous la main de Charles VIII. In Pilot de Thorey, Emmanuel (1847-1903). Catalogue des actes du dauphin Louis II, devenu le roi de France Louis XI, relatifs à l'administration du Dauphiné. Vol. 1. 1899. V. Truc (Grenoble). BNF p.48 p.501

(*) voir la généalogie de la maison d'Hostun sur Wikipédia

liste des comtes du Valentinois (cliquez)


Tiré de wikipedia

Le Valentinois dépendait de la province du Dauphiné. Le Valentinois fut échangé en 1446 par le duc Amédée VIII de Savoie le Pacifique contre le Faucigny au profit du roi Charles VII de France.

À la fin du XIe siècle, on voit apparaître la famille d'Adhémar, sans doute originaire du Royans et qui peu à peu assoit son autorité sur la région. Guillaume-Hugues d'Adhémar est le premier seigneur de Montélimar ("seigneur de Monteil"). Il est le frère d'Adhémar de Monteil, évêque du Puy et légat du Pape pour la première croisade. La famille régnera sur la région de Montélimar jusqu'au XIIIe siècle.

Les Adhémar, au XIe siècle vont construire autour de leur fief de nombreux châteaux (MontélimarGrignan, Châteauneuf-du-Rhône, Rochemaure et La Garde-Adhémar . La seigneurie comptera à son apogée une trentaine de châteaux. (pour la génalogie des Adhémar document format PDF à télécharger)

En 1198 la seigneurie est partagée entre deux frères, Giraud et Lambert d'Adhémar.

Les Poitiers-Valentinois ont dominé le Diois et le Valentinois qui a connu une époque de prospérité, jusqu'en 1348 (année de la peste noire). Avec Aymar VI, la maison des Poitiers atteignit son apogée. Ses différends avec le roi et l'évêque de Valence le conduisent, en 1374, à devenir le vassal du Pape. Son successeur Louis II de Poitiers-Valentinois, toujours avec les mêmes différends auxquels s'ajoute celui avec le seigneur de Saint-Vallier (héritier des comtes) propose, en 1390, ses états au Roi, en gardant, cependant, la jouissance de ceux-ci, jusqu'à son décès en 1419. Les états de Louis II comprenaient vingt-sept villes ou châteaux, onze forteresses et environ deux cents fiefs lui appartenant en propre ou bien tenus par des vassaux.

Duché de Valentinois

Le Valentinois fut érigé en duché-pairie11498 pour César Borgia par le roi Louis XII de France. Le duché de Valentinois fut donné en 1548 à Diane de Poitiers par le roi Henri II de France et en 1642 au prince de Monaco Honoré II par le roi Louis XIII de France. Les princes de Monaco en portèrent régulièrement le titre jusqu'en 1949, date du décès du prince Louis II de Monaco.


Sources :

wikipedia : Ancien régime

Chevalier, Jules (1845-1922). Mémoires pour servir à l'histoire des comtés de Valentinois et de Diois. Tome Ier, Les anciens comtes de Die et de Valence, les comtes de Valentinois de la maison de Poitiers. 1897, Bibliothèque nationale de France (BNF).

Brun-Durand, Justin.
Dictionnaire topographique du département de la Drôme : comprenant les noms de lieux anciens et modernes, 189, P.368. BNF (cliquez) Version vocale

Guy Allard, Hyacinthe Gariel Dictionnaire historique, chronologique, géographique, généalogique, héraldique, juridique, politique et botanographique

du Dauphiné.  Statistique du département de la Drome de Nicolas Delacroix  1835 - Drôme (France) - 696 pages

Notice historique de Sauzet de l'Abbé A. Vincent, collection J. Busa versé au fonds local de l'association.

les archives départementales de la Drôme

Mémoire de la Drôme (recherche sur Sauzet)

Consultations :  Notice historique sur Sauzet    

Sauzet cadastre : exemple Le Pavon


 Fond 97 J sur la Résistance Drôme


Du site Ehess.fr Cassini : pdf avec liens sur Sauzet  et  Carte grand formatsite officiel de Sauzet , Wikipédia  Sauzet Wikimonde  Sauzet

Voir aussi visite guidée du vieux village

Roger Bertrand

Note sur les Adhémar

La famille Adhémar a possédé les seigneuries de Monteil, Grignan, Lombers, La Garde, Cransac, Panat, Lantagnac, etc. Elle compte plusieurs fois parmi les ascendances de Charles Quint, Louis XIV, etc. et, par conséquent, de toutes les familles royales et impériales, régnantes et non régnantes, d'Europe.

Elle a donné son nom à la ville de Montélimar (Monteil-Adhémar). À la fin du XIe siècle, on voit apparaître vers Montélimar la famille d'Adhémar, sans doute originaire du Royans et qui peu à peu assoit son autorité sur la région montilienne. Guillaume-Hugues d'Adhémar est le premier seigneur de Montélimar (« seigneur de Monteil »). Il est le frère d'Adhémar de Monteil, évêque du Puy et légat du pape pour la première croisade. La famille règnera sur la région de Montélimar jusqu'au XIIIe siècle. Les d'Adhémar font construire leur palais (XIIe siècle) sur le promontoire de Narbonne à la place d'un vieux château.

Les d'Adhémar, au XIe siècle vont construire autour de leur fief de nombreux châteaux (Grignan, Châteauneuf-du-Rhône, Rochemaure et La Garde-Adhémar). La seigneurie comptera à son apogée une trentaine de châteaux. En 1198, elle est partagée entre deux frères, Giraud et Lambert d'Adhémar.

La branche aînée, celle de Grignan et Monteil, s'est éteinte dans les mâles au XVIe siècl. La maison de Castellane a hérité du nom d'Adhémar de Grignan. Les Castellane-Adhémar ont donné plusieurs archevêques d'Arle, ainsi que le comte de Grignan, gendre de l'épistolière marquise de Sévigné. La branche puînée, de Lombers puis de Cransac, a donné les branches de Cransac, de Panat et de Lantagnac encore représentées de nos jours. Les preuves de certaines familles homonymes pour se rattacher à la branche aînée sont cependant discutées. Entre autres arguments avancés pour limiter des prétentions, Adhémar est aussi bien un prénom qu'un nom (que l'on peut également étendre à Azémar) et rend ainsi plus incertaines les revendications d'origine commune.

La famille Adhemar de Monteil resta fidèle au catholicisme pendant les guerres de religion. À la fin de l'Ancien Régime, un comte Jean-Balthazar d'Adhémar est ambassadeur à Bruxelles puis à Londres.

Note sur Louis XI

DE LOUIS XI, ROI DE FRANCE DE 1461 à 1483, on a longtemps gardé l’image d’un prince cruel et névrosé, dévot et superstitieux, accusé d’avoir empoisonné son père et enfermé ses ennemis dans des cages de fer. Voici, en réalité, un roi bien loin de ces images stéréotypées.

L’imaginaire du XIXe siècle nous transmet un portrait assez sombre de Louis XI.

Au regard de l’historiographie récente, les spécialistes du Moyen Âge ont rétabli une certaine vérité en donnant de Louis XI, de son règne, de sa personnalité et de ses méthodes une lecture neuve : le monarque n’était semble-t-il pas si différent des autres princes de son temps.

On découvre comment s’est construit autour de Louis XI la « légende noire » qui s’est imposée de son vivant à travers les chroniques des propagandistes bourguignons. Reprise par l’imagerie romantique du XIXe siècle, au service d’une littérature romanesque ou « républicaine », elle insérait à merveille le monarque dans un siècle « gothique » et « moyenâgeux ». Loin de cette figure caricaturale, apparaît un homme d’État accompli, personnage complexe, bâtisseur de l’État moderne et de la « grande monarchie ».

Note Turenne

Raymond de Turenne, qui fut Capitaine des Armes du Comtat Venaissin et Capitaine pontifical en Italie, reste surtout connu par la guerre et les pillages qu'il entreprit en Provence, dans les Baronnies et en Valdaine, aux portes de Montélimar, entre 1389 et 1399, après que la seconde dynastie angevine des comtes de Provence fut revenue sur les donations effectuées par la reine Jeanne. Mais dans sa thèse soutenue à Montréal (Québec), en août 1994, Régis Veydarier4 a démontré pourquoi, en droit féodal, le vicomte ne pouvait qu'entrer en conflit armé avec le pouvoir papal (Clément VII et Benoît XIII) ou comtal (Marie de Blois) qui l'avait
spolié
.

Histoire comtenporaine : Les deux dernières Guerres mondiales  cliquez ici et   ici   ou encore ici


Quelques grands personnages de Sauzet présentés lors du JEP 2010

JEP Grands Hommes


Le voyage du patrimoine à Sauzet présenté lors du JEP 2011

logo JEP 2011

Le portalac au travail fête de l'été 2011


Affiche Foire à l'Ail 2018    ---
              vidéo Agglo foire à l'Ail 2018                         Vidéo foire à l'Ail : la confrérie

Nos
  pompiers  et  le FC de Sauzet

Quelques autres documents et travaux à consulter :

DVD intitulé «Août 44 à Sauzet»

 DVD Août 44 à Sauzet             stèle et FFI MPLF

Un travail de mémoire réalisé à partir de témoignages de nos Anciens sur des événements qu’ils ont vécus lors de la Seconde guerre mondiale et comprenant divers documents de cette période de notre histoire. Voir aussi les commémorations des deux grandes Guerres.

 Marius SestierMarius Sestier

Un DVD sur Marius Sestier, d'abord pharmacien, devient le promoteur du cinématographe des frères Lumière, notamment en Inde et en Australie (Autres liens ici ou encore ici).  L'école du village porte son nom.

cahiers et guide

visite guidée du vieux village

le vieux village de Sauzet

Le dépliant guide (ici)   Le bourg de Sauzet (ici)


Notice de Roger Bertrand DR, ancien président de l'association patrimoniale de Sauzet